LOIRE A VELO > VELODYSEE – partie 1

Journal de Bord de Marc

Loire à vélo & Vélodyssée 1

Grand amateur de loisirs outdoor, je souhaitais depuis longtemps tenter l’aventure du vélo de voyage (cyclo-tourisme ou “bikepacking” dans le jargon). Je me suis mis a chercher une bonne monture sur le bon coin. Patient, j’ai fini par flasher sur un vieux modèle assemblé avec soin par rando-cycles, une boutique spécialisée à Porte de Vincennes. Un cadre robuste et un équipement choisi pour être à la fois solide et dont les pièces seraient faciles à trouver en cas de problèmes (cadre acier, freins à étrier, groupe Shimano Deore). Mon compagnon de route est beaucoup plus féru de mécanique et opte pour un gravel monté de toute pièce par ses soins (cadre croix de fer, freins à disques mécanique, groupe Shimano 105). Niveau bagagerie, j’opte pour le grand classique ; 2 sacs imperméables Ortlieb arrière et une autre de guidon. Pierre choisi de prendre 2 sacs avant et une sacoche de selle.

Nous sommes passionnés de divide, ces fameuses courses impressionnantes qui s’effectuent en autonomie et dont la pratique se situe entre le cyclo-cross et le vtt. Il commence à en avoir quelques une en France comme la french divide ou bien la gravel Tro Breizh en Bretagne. Mais nous n’en sommes pas encore là lol. Afin de rôder nos vélos, vérifier nos réglages selle/guidon, évaluer notre condition physique et peaufiner notre technique, nous avons choisi le plus simple ; Un bout de la Loire en vélo.

Nous avons 2 semaines de congés. Pierre est prudent, il prévoit 50 kilomètres par jour pour terminer à Saint-Nazaire. Sans trop calculer, et afin de nous laisser de la marge, il décide de prendre le départ a Tours. Ce choix ne nous permet pas de profiter de la portion proposant les plus beaux châteaux qui se situe entre Blois et Tours. Mais il motivera l’envie de repartir plus en amont une autre fois :). Enfin, dernier choix, après quelques recherches, je constate qu’il y a suffisamment de campings équipés pour pouvoir partir léger et nous organiser jour après jour.

Partie 1
La Loire de Tours à St-Brévin

Paris > Tours > Savonnières

Nous partons de chez nous, banlieue nord-est de Paris pour rejoignons la gare Montparnasse. Nous devons longer le Canal d’Aubervilliers jusqu’à la Villette puis traverser Paris en retenant notre souffle (nous préférons sans conteste pédaler en forêt plutôt que la ville lorsque nous en avons l’occasion). Pierre est en retard à notre point de rendez-vous au pied du stade de France. Un quart d’heure plus tard il arrive enfin. En chemin il avait crevé. Heureusement il est au taquet en mécanique. Il n’a pas mis longtemps a changer sa chambre à air. Nous espérons que cela n’est pas un signe de mauvais présage.

Arrivés à la gare, la SNCF nous annonce avoir changé de train à la dernière minute et ne comporte plus de place pour nos vélos. Pas de stress, les agents nous trouvent une solution. Le wagon bar est fermé et nous sommes invités à monter nos vélos à l’étage. Il ne faut pas avoir de problèmes de dos pour monter des vélos chargés dans le train. Pour le désagrément nous nous ferons rembourser les 10€ que nous avons du payer en plus de nos billets pour nos fidèles destriers.

 

 

Le voyage est rapide. Nous arrivons à Tours à 14h le temps d’y manger et de découvrir un peu la ville. Ensuite nous reprenons la route car nous avions décidé de dormir un peu plus loin au calme. Il faut savoir que tout du long de la Loire il est possible de dormir pour pas très cher car la plupart des campings sont équipés pour les vélo-cyclistes de petits bungalow toilés 2 places. Enfin seulement si vous n’avez pas peur des insectes ^^

 

Savonnières > Chinon

Forteresse de Chinon face à la Vienne

Nous commençons très cool. Nous avons prévu une petite étape de mise en jambes. Les premiers jours, nous comptons les kilomètres parcourus. La piste est très agréable et très roulante. C’est vraiment le top pour les balades en famille. Parfois nous quittons un peu la Loire pour aller voir quelques châteaux ; Villandry, Azay-le-Rideau. Nous avions décidé de nous arrêter à Chinon car la ville a laissé de bons souvenirs au sein de notre entourage. Nous savons que nous sommes arrivés lorsqu’une longue descente s’amorce depuis la Tour de l’horloge. Elle contourne la Forteresse Royale jusqu’à découvrir la ville nichée en contrebas entre remparts et Vienne. Nous rejoignons le camping de l’autre côté de la rive. Il nous offre une superbe vue sur les ruines qui s’illuminent à la nuit tombée. Nous visitons la ville en accéléré car la pluie commence à tomber. Juste le temps de nous ravitailler, nous filons rejoindre notre tente afin de cuisiner notre ration glycémique. Nous avons la chance d’avoir une terrasse abritée car le temps ne sera pas clément avec nous. 2 semaines en ce début juin terriblement mauvais. Des alertes orages partout. Nous arriverons à passer entre les gouttes quelques jours avant de prendre la douche.

 

Chinon > Gennes

Princesse Sissi

60 kilomètres aujourd’hui. Pierre est prudent et technique, il écoute mieux son corps et souhaite être progressif. Moi, je fonce plus facilement lorsque je suis excité par l’aventure qui se profile devant (quitte à le payer après). Nous progressons tranquillement jusqu’aux 2 villages considérés comme plus beau de France ; Candes-Saint-Martin et Montsoreau nichés au bord du confluent de la Vienne et de la Loire. Nous ferons une petite pause café dans un hôtel-restaurant qui offre un cadre exceptionnel sur le château et la Loire. Nous savourons notre instant princier avant de retourner à nos vies de nomades. Une variante aller-retour nous fait découvrir l’Abbaye Royale de Fontevraud, l’une des plus grande d’Europe. Ensuite direction Saumur. De superbes surprises insolites nous attendent en chemin. Dans la ville de Souzay-Champigny, la piste cyclable traverse un passage souterrain bordé de maisons et d’une marché troglodyte ayant servi jusqu’à 19ème siècle. Plus loin, un manoir semi-troglodyte nous laisse rêveur.

Arrivé à Saumur, nous prenons le temps de manger sur la place Saint-Pierre afin de décider de nos prochaines étapes. Nous avions initialement prévu de dormir à Saumur, mais après 2 jours de quiétude, le retour à la ville est agressif. Nous décidons de pousser un peu plus loin dans la ville de Gennes car pour l’instant, le temps est stable malgré la pluie annoncée depuis plusieurs jours. Ici, deux parcours s’offrent à nous, nous optons pour la rive droite sans raison. La sortie de Saumur est assez désagréable en contrebas d’une départementale. Puis la piste devient bien plus drôle au pied de la Loire totalement inondée par endroit à tenter vainement de contourner les flaques. Nous imaginons les guerres d’égo de l’époque avec ces innombrables démonstrations de richesses éparpillés de part en part de la Loire. Enfin, un pont permet de rejoindre la rive gauche et Gennes par la même occasion. Le camping est juste à côté. Une sensation de bonheur me ravie. Nous sommes nichés au pied de la Loire qui inspire tranquillité et la présence de l’église Saint-Eusèbe perché derrière nous a quelque chose de rassurant.

Gennes > Chalonnes-sur-loire

3ème jour. Le grand jour. Une pluie diluvienne se met à tomber et ne cessera qu’en fin de journée. Au début nous tentons de faire attention aux flaques d’eaux puis nous finissons par y aller gaiement les pieds trempés. Braver l’intempérie est un pur moment de bonheur. Nous nous prenons pour des baroudeurs de l’extrême fin prêt pour une Divide. La matinée défile vite, nous pédalons à bonne allure pour en découdre avec notre parcours du jour ; 70 km. Nous passons au sud d’Angers et nous faisons une courte pause à Bouchemaine afin de nous repaître sous un modeste abri, pas trop longtemps pour ne pas nous refroidir, la pluie bat toujours son plein. Le parcours devient sympathique le long d’une voie de chemin de fer. Nous profitons d’une courte fenêtre sans pluie pour effectuer un petit détours sur l’île de Béhuard.  Une charmante et étroite petite rue mène droit sur une petite église posée sur un rocher. Nous repartons avec des clichés plein la tête. Notre destination se termine à Chalonnes-sur-Loire où nous faisons halte dans un camping très mal situé en bordure de route. Bien loin du cadre merveilleux de la veille mais ça ne peu pas faire mouche à tous les coups ^^. Le linge ne séchera pas cette nuit malgré le fil tendu dans notre tente. Heureusement que nous avons un change de secours car il n’y a rien de plus désagréable pour le moral que de remettre du linge humide au petit matin.

 

Chalonnes-sur-loire > Nantes

Nous ne savons pas encore où nous arrêter aujourd’hui. Hormis au Lénin café pour sa singularité : un Café-Musée associatif perdu sur l’île de Chalonnes et dédié à la mémoire de Lénine. Il offre même le gîte (J’en veux à notre topoguide pour ne pas nous l’avoir annoncé, nous aurions surkiffé passer la nuit ici). Bref, peut-être une prochaine fois.

Découvrir la ville de Nantes nous ferait plaisir malgré quelques réticences. Pierre a peur de laisser son vélo au cœur de la ville et 80 km nous en sépare. Peu importe, l’idée à fait son chemin et devient notre objectif. Nous verrons sur place pour les vélos et passé 4 jours, nos corps sont capable d’avaler les km.

On trace la route. On passe à côté de plusieurs pépites tels qu’Ancenis, Oudon et Champtoceaux. Le parcours est roulant. Les pluies éparses ne nous font pas ralentir. A l’entrée de la ville mon pneu est à plat. Mal inséré dans la jante celui-ci s’est déchiré provoquant des hernies dans la chambre à air qui ont fini par éclater.  Mon camarde est presque heureux de sortir ses outils pour me réparer ça en deux trois mouvements. De quoi tenir jusqu’à l’auberge de jeunesse et vérifier que celle-ci dispose d’un local vélo pour nous rassurer. C’est le cas. Parfait ! Nous resterons deux nuits ici pour faire une pause bien méritée et profiter des nombreuses animations que propose cette ville très animée. J’ai ainsi tout le temps de réparer mon vélo et repartir le moral regonflé à bloc. Peu de temps après nous être installés une pluie battante s’abat sur la ville. Nous sommes bien content d’être derrière 4 murs épais.

 

Pendant ces deux jours nous ferons la promenade touristique signalée par une ligne verte au départ de la gare et bien entendu une visite des « machines de l’île ». Je suis émerveillé de voir un projet si onirique prendre vie. Les réalisations sont de toutes beautés. J’ai le sentiment d’être projeté un siècle en arrière lors d’une exposition universelle dystopique. Nous essayerons 2 bars, un proposant plus de 36 pressions différentes (nous évitons de tous les essayer pour retrouver l’auberge ou dormir) et un bar geek, le game-over avec une superbe ambiance. Un concours « dessiner c’est gagné » sur le logiciel paint permet de gagner des fraises tagada au wasabi, hum. Nous testons également 2 restos, un proposant de la cuisine thaïlandaise très bien cuisiné et un autre proposant des menus gastronomiques abordables.

 

Demain nous arrivons au bout de la Loire. Il nous reste pourtant une semaine de congés. Pour prolonger l’aventure nous décidons de continuer jusqu’à la Rochelle sur la vélodyssée n°1. Grâce à son site internet nous découpons des étapes de 80 km environ afin de pouvoir réserver des Airbnb. Je récupère un tracé au format de fichier gpx que j’insère dans l’excellente application mobile de cartographie Osmand+ qui propose de nombreuses cartes “open source” (logiciel à la philosophie du libre partage)

 

Nantes > St-Brevin

Pierre profite des cuisines de l’auberge pour préparer un petite spécialité d’ex-étudiant pour ce midi. Nos vélos révisés et chargés, nous reprenons la route. Finalement nous apprécions grandement ce temps qui oscille entre pluie et nuages. Nous le préférons à de fortes chaleurs. Notre véloroute traverse l’île de Nantes. Elle passe le quai des Antilles – place animée à la nuit tombé – puis contourne la pointe Ouest. Un peu plus loin, nous débouchons sur le port de Trentemoult qui l’espace d’un petit kilomètre à peine offre un ravissant cadre marin. De nombreux restaurants parsèment ce charmant port aux maisons colorés. Puis le temps de fuir la banlieue nantaise, la piste longe les routes jusqu’à rejoindre le canal maritime de la basse Loire. Nous rencontrons une jeune allemande professeur de français que nous avions croisé ce matin même à l’auberge de jeunesse et avec qui nous passerons la journée. Elle a du mérite. Elle avale les kilomètres avec un vélo désuet. Soudain notre quiétude est perturbé par un défilé de bikers interminable. Une procession de chenilles mécaniques fréquente à l’approche de l’été.

Nous ferons une halte sur une aire de Paimboeuf pour goûter les fameuses pâtes chinoises aux œufs fraîchement préparé du matin. L’occasion également de découvrir le jardin étoilé. Un espace de rêve enfantin réunissant une trentaine d’œuvres architecturale où l’on peut facilement perdre nos repères adultes et vivre, revêtu d’un costume de loup, une aventure peuplée de monstres . L’émerveillement est vite dissipé par la pluie qui recommence. Nous remballons nos vivres et troquons nos peaux de bêtes contre nos imperméables. Le temps nous joue des tours. La pluie cesse puis reprend dès que nous nous découvrons un peu.

Enfin nous apercevons le pont qui permet de rejoindre St-Nazaire. Un parcours très agréable traverse les marais et se termine à la Ligérienne (zone de pêcherie parfaitement aménagée qui se loue pour découvrir un technique de pêche traditionnelle en famille).

Ina doit prendre le bus qui permet de rejoindre Saint-Nazaire. Le seul bus qui accepte les vélos. Les informations aux stations de bus ne sont pas claires. Après avoir ratissé la ville, nous nous assurons qu’elle ne rate pas son bus depuis la gare routière. En attendant, nous allons fêter la fin d’un périple et comme la Loire, nous allons toucher du bout des orteils la mer.

Ce soir l’ambiance change. Fini les campings au confort sommaire en toute intimité avec la nature paisible du bord de Loire. Pour mon premier Airbnb, nous sommes logés chez un couple de retraité baroudeur et leur petite fille avec qui nous partageons un moment très agréable le soir au dîner. La petite fille est très drôle et taquine sans cesse ses grands-parents. Elle tente de nous apitoyer nous accusant de lui avoir volé sa chambre l’obligeant ainsi à dormir par terre dans le salon 😀

La suite – Partie 2

Récit par Marc pour CŒUR DE FINISHER-©- juin 2018

 


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s