BRETAGNE Gr 34 – Chemin des douaniers – de Terenez à Douanenez – partie 2

Le Faou > Landévennec

C’est Nathalie qui pour la première fois m’a parlé du pont que nous nous apprêtons a traverser. Il faut dire que dans sa région Normande, l’histoire des ponts est fascinante. Des chefs-d’œuvre architecturaux qui ont nécessité des calculs d’ingénierie faisant appel à des matériaux aux propriétés spécifiques. En somme, un indice historique majeur du progrès technologique des hommes lorsque l’on prend un peu de recul sur l’humanité.

D’ailleurs en pleine divagation ou conversation, nous perdons le tracé du GR pour arriver au pied de l’Aulne. L’occasion de prendre un belle photo du pont de Térénez. Celui-ci est réputé pour être le premier pont courbe à haubans et mondialement pour la distance entre ses piliers.

Nous poursuivons avec comme repère au loin le cimetière des navires de guerre. Nous passons devant une chapelle très agréable pour une halte mais mes compères souhaitent continuer. L’Aulne qui serpente étrangement et l’île de Térénez en face perturbent mes repères et mon sens de l’orientation habituellement bon. Ce n’est qu’arrivé à destination que nous pouvons enfin profiter de la plus petite commune de la presqu’île ; Landevennec. Le gîte municipal est top si ce n’est cet autre groupe de randonneurs qui ont déclenché l’alarme incendie et qui nous feront passer moi et mon frère la nuit la fenêtre ouverte ; La journée est douce mais la nuit en ce début mai est fraîche.

Bien que petite en taille, la commune est très touristique d’abord pour les vestiges de l’Abbaye de Saint-Guénolé du Vème siècle puis le cimetière marin de son église Notre-Dame. Une nouvelle abbaye fût construite dans les années 50 grâce à plusieurs appels au dons. Nous en profitons pour y aller acheter des vivres digne des pains elfiques du seigneur des anneaux ; des pâtes de fruits à la purée de pommes de leurs vergers et du chocolat d’une consœur à Bonneval (que j’ai eu l’occasion de visiter lors d’une précédente randonnée sur le chemin de Compostelle). Avec çà, nous ne risquons plus la panne sèche. Ce soir là, nous mangeons dans une petite crêperie maison très bonne. Peu-être le seul restaurant du village.

Landevennec > Lanvéoc

Nous passons la majeure partie de la journée dans la forêt sauvage qui longe la côte nord jusqu’à l’école navale à esquiver les hordes de chenilles ninja qui s’agrippent littéralement partout sur nous. Comme des singes pleins de puces, nous nous auscultons pour les retirer. Les arbres tortueux sont magnifiquement. Nous ne croisons aucune âme. Lors de notre pause sur une plage de galets qui s’étend à perte de vue, je me découvre une tique. Heureusement équipé, je la retire de suite.

Arrivé à l’école navale, le GR devient ennuyant à longer les kilomètres de grillages qui entourent la base. Nous arriverons sous un soleil radieux chez nos hôtes. Une famille merveilleuse qui nous accueille au cœur de leur foyer. Nous nous sentons particulièrement bien dans leur maison construite intelligemment et dont l’emplacement a été choisi avec soin. Nous partagerons un super repas végétarien décoré de fleurs. Pour l’anecdote, j’y ai même oublié ma trousse de bain que la famille m’a rapporté le lendemain à Camaret. Il y a parfois sur notre route des personnages au charisme rayonnant qui s’impriment durablement sur le négatif de nos mémoires.

 

Lanvéoc > Camaret-sur-Mer

Nous commençons la journée dans une petite forêt jusqu’à Le Frêt. Juste avant d’arriver nous devons longer une petite route entre mer et étang. De belles épaves de bateaux agrémentent le chemin.

Si le parcours perd en intérêt le long d’une départementale, nous nous consolons par une belle vue sur l’île des morts et l’île Perdue, de quoi alimenter notre imaginaire enfantin en soif d’aventures de pirates. Des goonies en quête de trésors.

Nous coupons la Pointe des espagnols pour rejoindre la plage de Trez-Nouz qui offre un panorama sur Camaret-sur-mer avant de rejoindre son auberge de jeunesse.

 

Camaret-sur-Mer

Le 7ème jour nous avions prévu une journée de repos. Non pas pour faire sens avec la genèse, non, simplement pour laisser nos corps récupéré un peu et pour profiter des merveilles qui entourent cette ville reculée. Car elle est généreuse en histoire et en paysages idylliques. D’abord reconnu pour sa Tour Dorée construite par Vauban (architecte, ingénieur militaire réputé pour avoir rendu la France inviolable durant le règne de Louis XIV), elle est exceptionnellement bien conservée et inscrite au Patrimoine de l’Unesco. Puis ses 4 pointes avec ses reliefs côtiers magnifiques dont celle de Pen-Hir, falaise qui culmine a plus de 60m d’altitude en faisant un petit paradis d’escalade et qui s’étend au loin dans la mer d’Iroise par une ponctuation d’îlots rocailleux. Et enfin ses quelques plages dont Pen-Hat qui chaque soir offre un merveilleux coucher de soleil plein ouest si le ciel le désire.

 

Camaret-sur-Mer > Saint-Hernot

Voici l’étape la plus longue de notre trajet, mais aussi la plus merveilleuse. Le trajet est vallonné et a la particularité en ce printemps d’être parsemé des couleurs pastels des ajoncs dorée et de bruyères mauves. Nous oscillons entre plages, dunes et falaises culminant parfois les 100 mètres d’altitudes à contempler des formations géologiques fascinantes. Le Cap de la Chèvre est une ligne qui sépare deux mondes marins bien distinct, l’océan à l’ouest et son univers impitoyable. Un spot de surf paradisiaque qui peut se transformer en un enfer formellement interdit de s’y baigner à cause des courants meurtriers que peuvent provoquer les baïnes. Et la baie de Douarnenez à l’est, plus clémente aux hommes. Elle dissimule d’innombrables petites plages aux palettes turquoises méditerranéennes et préservées entre ses innombrables pointes.

Mais pour nous, l’atmosphère prendra une tout autre tournure sous l’épais brouillard qui vint envelopper d’une gigantesque main le continent. Nous profitons d’une ambiance “écossaise” qui nous ravie malgré le fait que nous ne profitons pas du paysage lointain.

Nous ferons halte au gîte d’étape de St-Hernot avec une femme d’affaire haute en couleurs. Ils profitent d’un emplacement de rêve au milieu de ce merveilleux cap qui n’est pas inconnu des touristes. Nous partageons la terrasse avec les cyclos randonneurs de la première “divide” bretonne la “gravel tro breizh” (discipline récente qui consiste a effectuer de longues distances en vélo et en autonomie sur plusieurs jours).

Saint-Hernot > Morgat

Suite à notre très longue étape de la veille, celle d’aujourd’hui s’annonce courte. D’ailleurs la plupart entreprennent le camp de chèvre de St-Hernot et non de Camaret comme nous l’avions fait la veille. Nous en profitons pour prendre notre temps et temps mieux car l’auberge est débordé, victime de son succès. Pour agrémenter notre 10aine de kilomètres du jour nous décidons de profiter du musée des minéraux qui possèdent une très belle collection de pierre luminescentes, la plus grande d’Europe il me semble à ce jour. Cela nous permet d’en apprendre beaucoup sur le riche passé géologique, tectonique et volcanique de la Bretagne.

Arrivés à Morgat, nous découvrons un grand port de plaisance où sont amarrés des bateaux de courses. Depuis la plage, il est possible de louer des kayak ou des stand-up paddle afin d’aller profiter des magnifiques plages méditerranéennes que nous avons surplombées dans la baie de Douarnenez. Malheureusement le temps laisse à désirer en ce début mai et nous n’en profiterons pas. Notre gîte d’étape est très bien situé. Il ressemble à ces iconiques motel américains au détail près que nous ne pouvons garer nos véhicules à son pied. Mais bon, nous ne leurs en tenons pas rigueur, garer nos chaussures nous suffira.

Morgat > Pentrez

Le trajet reste très agréable et plus roulant que nos deux derniers jours. Peut-être aussi nos corps sont maintenant forgé par l’exercice quotidien. Nous ajouterons une présence féminine dans ce monde de brutes tout du long de cette étape avec une randonneuse allemande mais vivant à Nantes et qui a choisie cette destination comme premier défi pédestre en solitaire. Au fil de nos pas, nous partagerons nos expériences. Arrivés a Penprez, nos routes se séparent. Comme beaucoup d’autres personnes, elle choisie l’hôtel plutôt que le gîte d’étape par choix pour sa part tandis que d’autres y sont contraints. Cette semaine généreuse en jours fériés oblige des réservations anticipés. Nous avions choisi ce gîte intrigué par l’amour de notre hôte pour les crêpes. D’ailleurs elle propose des cours. Nous réservons une table avant de prendre place dans une chambre d’une propreté irréprochable et qui offre depuis la chambre principale une vue magnifique sur la baie. Le confort est maximum dans ce gîte qui relève plus d’un gîte de France que d’étape. Mon père s’endort. Une journée tout de même bien fatigante malgré les apparences trompeuses. La randonnée a ces vertus qui aguerrissement le corps dans la pénibilité. Les crêpes ne font pas dans le sensationnalisme. La carte propose uniquement les grands classiques. Comme après chaque journée difficile, nous prenons grand plaisir à savourer notre pitance. Ce soir la, nous prendrons les meilleurs crêpes flambées qui nous sont proposées. Au diable l’avarice !

Pentrez > Douarnenez

Pour notre dernier acte, la Bretagne nous offre le privilège de ses plaisirs légendaires. Une bonne vieille pluie. Les moins endurants traînent la patte. Parfois on souhaite rentrer retrouver son petit confort lorsque l’on marche mais très vite on souhaite repartir lorsque nous sommes chez nous. Un désir de fuir la routine quotidienne qui nous consument, de fuir nos possessions qui nous possèdent en retour, de fuir les affres de la sédentarité ?

Nous profitons au maximum de cette nature sauvage, bercés par le bruit des vagues qui martèlent les reliefs chaotiques et caressent les étendues sablonneuses ayant succombées à ses éternelles humeurs. Nous nous délectons de chaque bouffée d’oxygène tandis que nous nous approchons peu à peu de la ville. Ça y est, nous y sommes, le GR longe une route empruntée et bruyante. Les moteurs ne nous avaient pas manqué. Je suis entendu car nous nous engouffrons une dernière fois sur un petit sentier forestier qui nous amène découvrir les ruines antiques d’un établissement de salaison de sardines fort bien documenté (2ème siècle). On apprendra comment les poissons étaient péchés, traités et conditionnés.

Nous arrivons enfin. Ici, la commune a réalisé un beau projet de réhabilitation d’un village de pécheur du 19ème en gîte pour notre plus grand plaisir mais aussi de ferme dans le but de préserver des espèces animales locales. En contrefort de la Ville, cet havre nous permet de retourner à la vie urbaine en toute sérénité.

 

Le lendemain après avoir fait le plein de Kouign Amann à la boulangerie des Plomar’ch (boulangerie familiale réputée), nous prenons le bus jusqu’à Quimper prendre le train et reprendre en une bouchée les quelques calories durement perdues 🙂

 

Il y a plus qu’a laisser les souvenirs se trier et s’arranger pour tiser des songes merveilleux

Récit par Marc pour CŒUR DE FINISHER ©- trek BRETAGNE- mai 2018

 


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