La vie n’est qu’un entraînement

Introduction

Mon pari sur Marathon*… épreuve qui ne laisse que peu de place au hasard. En préparer un est déjà une aventure ! En effet, il serait si simple de pouvoir suivre à la lettre les plans d’entraînement détaillés (nombreux dans les magazines et sur internet). Or l’entrainement n’est pas une science exacte et doit s’appliquer aux contraintes de la vie quotidienne… de ma vie quotidienne et de mon accident de la vie.

Voici donc le récit de mon trajet «dodo-boulot », mon rythme de vie en région parisienne en semaine.

 

Mercredi 28 décembre 2017 – 7H du matin-

C’est l’heure … mon horloge interne me donne le signal.

Un dernier coup d’œil derrière le double rideau… drôle de rituel d’ailleurs car il est trop tard pour changer d’avis. Je suis en tenue de running avec mon sac à dos en place, mon bandana sur les oreilles et mes gants de voileuse (je n’arrive pas à m’en séparer ! Je suis fétichiste). Dehors, il fait nuit et l’affichage de mon portable annonce 1 degré ! J’attends l’ascenseur maintenant ! Encore un autre rituel !! Pourquoi ne pas prendre les escaliers ? Peut-être pour me concentrer avant de passer dans l’autre monde … la nuit ! Le froid ! Le vent !

Je descends la petite rue piétonne Jean Poiré au pied de mon immeuble où je croise à contresens les passants qui se dirigent vers la gare RER. La légère pente me donne de l’élan. Me voilà parti pour 9 km de course à pied… 9 km entre mon domicile et mon boulot que j’effectue en courant … 9 km aller le matin … 9km retour le soir… entraînement biquotidien vous connaissez ?

GARE RER mon point de départ

J’enchaine les premiers kilomètres le long de l’avenue JOFFRE. Au rond-point des Cygnes ça passe ou ça ne passe pas ! Mon 1er feu rouge. Je laisse Argenteuil à droite, Enghien à gauche. Je poursuis sur l’avenue pleine de travaux et je suis concentrée sur mes pieds car ici les trottoirs sont défoncés et la zone peu éclairée. Je file sur Epinay où il me faut passer le pont sur la Seine, l’île Saint-Denis (J’oublie aujourd’hui le Parc départemental, petit paradis des sportifs). Je file bon train et je ne lâche rien de mon rythme à environ 9 km/h. A l’approche du pont de Gennevilliers au-dessus de l’A86, je prends le temps de boire un peu ! Ici l’air est irrespirable. Tous les gaz d’échappement remontent alors ici je marche sur quelques centaines de mètres. (Ici clic photo… je savoure de ne pas être en voiture le jour de la prise de vue). Déjà 4km dans les jambes. Une petite ligne droite avant de passer le rond-point des 6 routes où je me dois d’être vigilante. J’ai déjà failli me faire écraser 2 fois ici car les voitures, au sortir du rond point, roulent à vive allure or pour moi mon bonhomme piéton est vert !!

Bref maintenant je sais ! Un coup d’œil à gauche pour le tramway, un coup d’œil à droite et hop j’ai directement en ligne de mire l’enseigne lumineuse d’un grand supermarché et la zone industrielle qui s’ouvre à moi. Ici le petit Parc des Sévines que je longe quelques instants et c’est reparti pour une longue et interminable ligne droite. Je déteste les lignes droites alors quand je peux, j’y mets du rythme, un peu de fractionné, je chantonne pour oublier cette difficulté jusqu’au pont de St Ouen…oups ! Ce matin ça glisse ! Un coup d’œil à mon portable qui m’indique que la température est descendue à 0°C ! Oh là là ça glisse ici aussi .. il ne manquerait plus que je me retrouve les 4 fers en l’air ! Prudence donc ! Ici je salue un autre coureur que je croise, là un roller. Yes ! Enfin je repasse la Seine.

QUAI DE SEINE à SAINT OUEN
QUAI DE SEINE à SAINT OUEN

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Ensuite c’est là le dernier tronçon de mon parcours dans Saint-Ouen, le parc municipal, les travaux du métro ligne 14, travaux qui me semblent interminables et bruyants. Je croise souvent ici les sapeurs-pompiers qui partent en entraînement eux aussi. Combien de fois ai-je eu envie de faire demi-tour et les suivre car je me sens bien dans mes jambes, mon cœur et ma tête…

Mais voilà le chrono tourne … oui tout est chronométré car dès mon arrivée au boulot, il me faudra aussi un peu de temps pour filer à la douche, m’habiller et prendre mon petit-déjeuner. Ah oui ! Je ne vous ai pas dit mais le matin j’adore courir à jeun ! Ce petit entraînement matinal me donne une pêche d’enfer ! 53 mn dans mes meilleurs moments … 1h05 quand je traîne les pieds ! Il y a des jours plus difficiles que d’autres surtout quand j’enchaîne les entraînements biquotidien 2 jours de suite… ah oui car le soir je repars dans l’autre sens …  Mon horreur du RER … mon ras le bol des bouchons en voiture ! Je varie les parcours pour me faire plaisir et faire en sorte que l’entraînement ne devienne pas une tâche ennuyeuse mais reste un plaisir et une volonté de faire mon trajet dodo-boulot en courant, sans stress ni contrainte. Cette méthode de biquotidien à allure fondamentale (en aisance respiratoire … sauf les jours de pollution on s’entend bien :-)) ) m’a permis m’améliorer mes chronos cette année sur 10 km, tenir mon run de 6h et vivre de belles aventures trail et ne rien lacher lors de mon trekking de 170 km autour du Mont Blanc.

PREMIERES COMPETITIONS 2018

C’est l’hiver et je tente de garder mon volume hebdo mini de 40 km afin de vivre au mieux mes premières compétitions 2018 :

Au menu j’ai placé en janvier le trail des Marcassins 17km que je ne connais pas et qui sera une découverte dans la forêt de Montmorency avec Marc mon coéquipier dans le projet CŒUR DE FINISHER.

En Mars j’ai mon dossard pour l’Ecotrail de Paris 30 km (bien sûr j’espère améliorer mon chrono de 2015 (4:41 :58) mais il y a tellement de facteurs dans la réussite d’une course. Marc, lui découvrira le parcours.

En Avril, bien sûr l’incontournable Marathon de Paris, un marathon de printemps qui m’oblige à courir tout l’hiver mais MARATHON THERAPEUTIQUE… oui la vie et le marathon m’ont appris que l’on peut être à l’agonie à un moment et ressusciter une heure plus tard ! Pour tenir mentalement, il faut lutter contre « l’hystérie du corps » … cet état du corps dans l’effort qui ne comprend pas ce qui lui arrive. Je cours avec des rapides, des lents, des gros, des maigres, des valides, des handicapés  et plein de malades (aux maladies invisibles comme moi). On ne se moque pas des moins bons, on les encourage. C’est un monde où le Dernier de la course est porté aux nues, encensé.

Le marathon est un véritable ascenseur émotionnel et j’y suis devenue accro !

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Petit mémo pour le lecteur qui n’a pas encore lu tous les récits de CŒUR DE FINISHER ;-))

-En 2009, j’ai 100 jours pour apprendre à courir. Le compte à rebours est lancé pour ma première course en duo sur LE SEMI-MARATHON PIERRE DE COUBERTIN à BOLBEC/76.

Je découvre alors que la course à pied en endurance est l’antidote à mon cœur malade, mon insuffisance cardiaque dû à mon choc septique et ma myocardite aigue à 36 ans.

En 2011, à 42 ans je cours mon 1er marathon en Normandie, « Seine Eure » en 5h 20.

-Depuis, j’enchaîne les kilomètres et je prépare aujourd’hui mon 10ème marathon avec pour objectif d’être sur la ligne de départ et surtout passer la ligne d’arrivée ! (Meilleur chrono à Paris en 5:09:11).

et si mon rêve de passer sous la barre des 5 h devenait réalité avec le dossard 37346 ?

à bientôt,

autoportrait de l'auteur en coureur de fond
autoportrait de l’auteur en coureur de fond

récit par Nathalie LEMIERE pour CŒUR DE FINISHER- 29 décembre 2017 ©


2 réflexions sur “La vie n’est qu’un entraînement

  1. Tu ne peux que réaliser ton rêve (moins de 5h) avec tes Michelines, j’en suis sûre. Quel courage pour tes entraînements bi-quotidiens.
    Je suis admirative. Bravo Nathalie.

    J'aime

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