TMB en 7 jours – Jour 2 – Les houches > Bivouac du Refuge de la Balme

Samedi 24 Juin 2017 – 2ème jour/7 – Les Houches – Bivouac du Refuge de la Balme- par Marc-

J’ai passé une très bonne nuit en tente à ma grande surprise, le corps a bien travaillé hier car j’ai bien mal partout. Après un petit tour à la boulangerie, je prends un café en attendant l’ouverture du télécabine Bellevue pour effectuer une variante que l’on m’a longuement conseillé au camping : le col du tricot. Je prends un pied total. Enfin seul, je peux conditionner mon esprit à souhait. J’essaie de taire ma conscience d’homme éduqué, laisser de côté les milliards de concepts tissé depuis ma naissance pour apprivoiser le monde à travers les sens que la nature m’a doté. J’essaie de lâcher prise avec l’illusion de contrôle, et me rappeler que je suis avant tout une créature faite de matière. Je me dis que malgré nos capacités « intellectuelles » très complexes nous défaillons à notre tâche de gardien du sanctuaire qu’est notre terre mère. Pire, que nous jouons le rôle inverse : accélérer l’extinction des espèces pour laisser en germer d’autres – je divague au milieu de ces reliefs tranchés ponctués de cascades plus belles les unes des autres.

La montée au col du tricot est vraiment très jolie, les marcheurs y font halte afin de contempler, grignoter et récupérer avant de descente au refuge du Miage qui fera office de pause déjeuner. Puis je remonte à côté du Mont Truc et l’auberge du Truc pour rejoindre les Contamines-Montjoie, un village où je m’éprends à rêver d’y vivre. 14h, c’est bien trop tôt pour poser mon sac ici. Je continue le long d’un chemin romain qui longe le cours d’eau du Bon-Nant. L’eau de fonte de glacier à une couleur bien à elle. Le dernier kilomètre est superbe. Entre le refuge du Nant-Borrant et celui de la Balme un chemin serpente entre les prairies de pâturages et les sapins dirigeant le regard loin devant sur le col du Bonhomme.

Après une belle, mais longue journée de marche, je bivouaque à 300m du refuge de la Balme. Je m’amuse à jouer les sauvages, me laver dans la rivière sommairement, monter ma tente seul, loin du reste du monde… et pourtant, je ne suis qu’un petit parisien qui n’a rien du dernier des Mohicans. Depuis le dernier village, je suis sans réseau. Je me rends compte que j’aimais partager ma vie d’aventurier à la Mike Horn avec mes “followers” – Les réseaux sociaux permettent de partager les détails les plus socialement appréciable de nos vies afin de paraître, de se fabriquer une image qui nous satisfait suffisamment pour que nous désirions la rendre publique – une e-répuration créé de toute pièces. Me voilà déconnecté, et finalement content, je vais mieux profité de ma quête spirituelle plutôt que ma quête d’égo. D’ailleurs, il y a quelque chose qui me dérange sur l’instant, je suis trop introspectif tandis que je suis entouré d’un paysage exceptionnel. Je dois sortir de ma tête, devenir plus contemplatif.

Bivouac du refuge de la Balme
Bivouac du refuge de la Balme

D’autres « bivouaqueurs » arrivent. Ce soir la pluie ne cessera de tomber sur les toiles plus ou moins tendus au-dessus de nos têtes. Espérons que demain tout sera sec.

par Marc pour COEUR DE FINSHER ©2017


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s