TMB – J 9 : LES MOTTETS- La ville des Glaciers (1789m)- Col des fours (2756m) – Col de la Croix du Bonhomme- LES CONTAMINES-MONTJOIE

DATE : samedi 1er juillet 2017-  TMB J 9/10- sens horaire- par Nathalie LEMIERE

La journée qui s’annonce va être longue .. le départ est donné à 7h.

Peu de temps après notre départ, le tracé du TMB passe devant la fromagerie de la Ville des Glaciers. Une petite visite s’impose … ici on fabrique le BEAUFORT.

Après la visite de la cave, nous repartons en direction du col des Fours

Le chemin est facile et grimpe en douceur. Le ciel est bleu avec quelques nuages de traîne.

Nous perdons beaucoup de temps à franchir de nombreux petits torrents.

 

Aujourd’hui j’ai remis mes chaussures de rando montantes et heureusement car j’ai ainsi les pieds bien au sec.

Encore un passage de torrent qui descend de la montagne du Grand Turf. Nous sommes au mois de juillet mais je n’ose imaginer la puissance de ce corridor lorsqu’il pleut !

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J’ai beau scruté la montagne j’ai beaucoup de mal à comprendre l’itinéraire que l’on va emprunter pour gagner le col des Fours. Le terrain devient très humide. Au fur est à mesure que l’on s’élève, on grimpe dans la brume, soudain la pente s’accélère et mes jambes et mon cœur sont épuisés. Je n’avance plus. Je suis loin derrière le groupe qui passe beaucoup de temps à m’attendre. J’avance à une allure de fourmi. Que de verticalité !! Mes poumons cherchent l’air que l’altitude raréfie au fil de mes pas. Le sommet est là au-dessus de moi, si près, si loin. Ce manque d’oxygène me ramène cruellement en 2005… mon intubation, mes crises de suffocation, mon œdème pulmonaire… ma lucidité malgré tout. Ce passage du TMB est physiquement violent.

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Enfin le col des Fours … tempête de neige, tempête de grêle ! C’est aussi la tempête en moi . Pourquoi faut-il qu’à chaque difficulté je revive mon hospitalisation ? Malgré tout, cette arrivée au Col est un moment crucial  d’une grande intensité. J’ explose ma peur des profondeurs, ma peur de l’altitude. Je respire péniblement. Nous sommes à une altitude de 2756 m … c’est là notre plus haut col de tout ce TMB et tout est contradiction : ma joie, ma peur, brume de montagne ? brume de mer ?. Ce circuit du TMB me fait grimper si haut alors que j’ai coulé si bas dans les profondeurs de l’eau. J’hallucine  …le ciel gris, la mer grise … surtout rester concentrer pour garder le cap.

PASSAGE DU COL DES FOURS
PASSAGE DU COL DES FOURS

Nous prenons quelques minutes pour graver ce souvenir sur notre pellicule mais nous savons qu’il ne faut pas s’attarder. J’ai froid . Mes doigts sont bleus (il faut dire aussi que je randonne avec des gants de voile …vous savez ceux qui ont les bouts coupés à l’index et au pouce). Grave erreur de ma part ! Je ne pensais pas que je verrais autant de neige au mois de juillet ! Un conseil : prenez des gants chauds dans votre sac .

Il nous faut repartir et c’est avec beaucoup de concentration que je mets mes pas dans ceux de mon voisin qui me précède. Il faut dire que j’ai déjà 4 glissades sur les fesses alors si je pouvais m’en éviter encore une ! Vous comprenez  je suis une fille de la mer , pas de la neige ! j’ai horreur du ski  et de tous les sports de glisse … et là tout autour de moi… un océan de glace !!

COL DES FOURS VERS REFUGE DE LA CROIX DU BONHOMME
COL DES FOURS VERS REFUGE DE LA CROIX DU BONHOMME

Enfin nous arrivons au refuge du COL DELA CROIX DU BONHOMME (2443 m) où nous allons pouvoir nous changer et nous réchauffer le temps du déjeuner. Il est tard et je crois que nous avons tous puiser dans nos réserves ce matin.

REFUGE DE LA CROIX DU BONHOMME 2443 M
REFUGE DE LA CROIX DU BONHOMME 2443 M

L’après midi se poursuit dans le brouillard, je suis frustrée de faire tant d’effort et de ne RIEN voir du paysage ! C’est une horrible sensation. Tout ça pour rien si ce n’est qu’avancer ! C’est aussi le moment que choisit mon téléphone portable pour me lâcher; plus de jus ! C’est normal je n’ai pas pu le recharger au Refuge des Mottets (vous vous souvenez … pas ‘électricité dans les chambres) .Tout juste le temps de lire un MMS qui vient de tomber ! C’est Nicolas , un ami qui me nargue avec sa boite de crème Mont Blanc au chocolat ! Il se vante de faire le tour du Mont-Blanc à sa manière.  Il se régale et moi je gèle, je suis épuisée, mes jambes me portent difficilement et pourtant je trouve le mental pour rester concentrer sans tomber, sans me faire d’entorse !

Notre petit groupe continue sa descente sous la pluie en direction des Contamines-Montjoie en passant à proximité des refuges de la Balme et du Nant Borrant. Je croise beaucoup de monde sur le tracé.

Enfin voilà notre arrivée à Notre Dame de la Gorge aux CONTAMINES–MONTJOIE où un minibus vient nous chercher.

Je prends le temps de visiter cette belle église … moment trop bref ! J’y reviendrais 3 jours plus tard hors circuit.

Pour la première fois depuis 9 jours je vais dormir à  l’hôtel … l’HOTEL GELINOTE… enfin du grand confort, un accueil chaleureux… une chambre pour 3 que je partage avec Didier et Jean-Christian mais surtout une salle de bain privée ! Whouah ! la fin des dortoirs… la fin des nuits blanches ?

Alors que nous prenons l’apéritif, voilà que déboule un petit groupe de trailers au bar. Lydie notre guide reconnaît le chef d’équipe ! C’est un grand nom du trail !! Moi je ne regarde que le nombre de beaux mecs au mètre carré !! J’ai les yeux écarquillés ! Je suis une habituée des serres-files alors les noms des premiers (du coup j’ai oublié ce que m’a dit Lydie grrrr)….tout cela me semble un peu décalé . Le coach du groupe nous explique qu’ils s’entrainent pour courir l’UTMB en moins de 72h, qu’il forme des futurs champions… moi je ré-invente ma vie et marche le TMB en 10 jours !! Lui a déjà couru la Diagonale des Fous à la Réunion… pour moi juste un rêve. Je l’écoute attentivement mais déjà mes pensées se perdent dans ses beaux yeux bleus couleur de l’océan…. Je cherche mes mots pour annoncer à Lydie et au groupe mon intention de ne pas marcher avec eux  demain. Je suis épuisée. Je doute ! Mes genoux sont HS ! Mon corps n’arrivera pas à suivre. Je suis pris de mille doutes. Les rafales de vent ont balayé toute ma volonté. Je suis fatiguée de me battre… j’ai juste envie marcher le long de la route sans avoir à batailler pour mes muscles, pour mon cœur, affronter à nouveau la tempête.  Je suis prête à jeter les armes quand le groupe vote pour l’option la plus simple du parcours…. La nuit porte conseille.

IGN JOUR 9

Nathalie LEMIERE pour COEUR DE FINISHER-  2017- photos Nat- Didier et Isabelle.©


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