TMB – J 8 : COURMAYEUR- Checroui- La Seigne- LES MOTTETS

Date : Vendredi 30 juin 2017- TMB jour 8/10- sens horaire- par Nathalie LEMIERE-

Quel réveil ! Admirez la vue depuis ma chambre du refuge du Monte-Bianco !

vue sur la massif du Mont-Blanc depuis COURMAYEUR
vue sur la massif du Mont-Blanc depuis COURMAYEUR

Je n’arrive pas à détacher mes yeux de cette paroi verticale qui s’élève, là, face à moi. C’est le versant sud du Mont-Blanc. Ici les sommets grimpent à 4200m -4800m et la roche et la glace sont partout présentes.

Nous partons vers le col de Checroui (1956m)  et le refuge de Maison Vieille.

COL CHECROUIT -MAISON VIEILLE
COL CHECROUIT -MAISON VIEILLE

Le sentier constitue un joli parcours en balcon. Ici une belle perspective sur le glacier de Miage. Son aspect est d’une tristesse ! En fait Lydie notre guide nous explique que son front est couvert de débris rocheux qui cache la glace et se divise en deux lobes. Au centre, le jardin de Miage est spectaculaire. Ce vert des mélèzes contraste avec cette mer de cendres.

GLACIER DU MIAGE
GLACIER DU MIAGE

La neige est tombée la veille. Elle a recouvert les pentes du lac de Checroui. Le petit groupe s’écarte pour laisser place à quelques coureurs de l’UTMB qui s’entraînent. Qu’est ce que j’attends pour les suivre, j’ai mes chaussures de running aux pieds et mon corps n’attend que ça.

20170630_101343

20170630_101334.jpg

20170630_104516.jpgIci les névés tardifs sont fréquents dans le secteur. Le sentier entame à nouveau sa descente en lacet vers le lac de COMBAL (1975 m) qui ressemble à un vaste marécage.

LAC DE COMBAL
LAC DE COMBAL

C’est au refuge ELISABETTA (2195 m) que nous faisons escale pour notre déjeuner. Il est dédié à la randonneuse piémontaise Elisabetta Soldini-Montanaro, décédée lors d’un accident en montagne.

REFUGE ELISABETTA -ITALIE-2195 M
REFUGE ELISABETTA -ITALIE-2195 M

Construit en 1953, il possède 80 couchages disposés sur 3 niveaux et côte à côte.  Je suis effrayée par cette disposition que je n’avais pas encore vue et vécue.

C’est dans une ambiance super chaleureuse que nous pique niquons à l’intérieur.

On continue notre trek à travers le large vallon de la LEE BLANCHE ; on entend les marmottes… soudain une névé et bingo c’est pour moi la glisssade sur les fesses. Heureusement j’arrive à me freiner avec mes pieds et un bon réflexe pour rattraper mes bâtons qui étaient en train de dévaler la pente.

Sur notre route, une curieuse petite maison est plantée la ! A ma grande surprise, il s’agit d’une ancienne caserne dite la CASERMATTA en italien , là au milieu de nulle part (2365m)! En fait tout s’explique, nous ne sommes pas très loin de la frontière et le col de la Seigne un peu plus loin, plus haut ,constitue une véritable porte d’entrée en vallée d’Aoste. Un panneau explicatif nous renseigne sur tous les sommets qui nous entourent  D’un coté l’Aiguille Noire de Peuterey puis les Aiguilles Blanches de Peuterey, ensuite l’Aiguille de Trélatête (3300m) , l’Aiguille des Glaciers(3817m). Tous ces sommets s’alignent les uns après les autres.

De l’autre coté le Mont Fortin, le Mont Perchet, le col des Chavannes et le Mont Lechaud.

Il y a aussi des informations sur la flore ! Me voilà incollable sur l’anémone alpine, le trèfle, la sabine ciliée ou encore la gentiane. Au cours de mes lectures, je découvre aussi que ce col occupe une place importante dans les récits des voyageurs et alpinistes anglais, qui le cite parmi les plus beaux points panoramiques de tout le parcours.

N’hésitez pas à entrer car à l’intérieur il y a une maquette 3D du massif du Mont-Blanc et je m’amuse à reconstituer notre parcours. Le GR DU TMB est bien visible. Cette casermatta possède un système d’alimentation à base d’énergie renouvelables : panneau solaire photovoltaïque et micro hydro énergie.

Nous atteignons enfin le Col de la Seigne 2516m

Une table d’orientation permet de nommer les sommets qui nous entourent. D’un côté la Montagne de la Seigne, et de l’autre l’Aiguille des Glaciers (3816m). Savez-vous que c’est ici la ligne de partage des eaux entre la Méditerranée et l’Adriatique.

photos la frontière Italie /France est marqué par un gros cairn et une table d’orientation

Depuis le col, la descente vers le REFUGE DES MOTTETS est facile. Enfin un terrain à ma guise ! LES MOTTETS est un refuge d’alpage à 1864m.

LES ALPAGES en direction des Mottets
LES ALPAGES en direction des Mottets
REFUGE DES MOTTETS- 1864 M
REFUGE DES MOTTETS- 1864 M

LE DORTOIR me laisse perplexe ! Ici tout est spartiate ! Pas de lumière ! Pas de prise électrique ! L’isolation est au minima -et je vais en souffrir toute la nuit – quand à la literie les randonneurs y sont alignés comme des sardines !

Bref en attentant de se coucher, nous passons une excellente soirée au rythme de l’orgue de Barbarie. En effet, la patronne met un point d’honneur à mettre de l’animation, à jouer et à nous faire chanter. Faut-il y voir une manière que se réchauffer avant l’affronter les grands froids !!

Car oui pour la première fois depuis le début de ce trek je vais grelotter  malgré la superposition des 4 couvertures, le sweat, le pyjama chaud, les chaussettes! Je n’ose pas et pourtant je crève d’ envie d’aller me réfugier dans les bras de mon voisin ! De la chaleur humaine ! Pitié ! Mon bout du nez est gelé ; mes pauvres petits pieds aussi ! Mon corps tout entier vit le martyre ! Je ne trouve pas le sommeil ! J’ose ? Je n’ose pas ? Je me rappelle mes cours de survie de voile… il faut absolument de la chaleur humaine à un naufragé que l’on vient de sortir de l’eau ! Je suis dans le même état ! Je suis une naufragée de la montagne ? Mon corps est il en train de lâcher ? Je ne vais pas survivre à cette nuit ! Nous sommes en plein été  à seulement 1864 m et mon esprit devient fou ! J’ai envie d’hurler ma peur du froid… celle que j’ai véçue dans ma chambre d’hôpital au CHU de Rouen avant de plonger dans le coma. Je n’arrive pas à prendre le contrôle de mon mental, de ma respiration pour canaliser mes émotions. Je pleure. Je doute ! Je stresse ! Mon cœur se serre ! Mon cœur s’accélère! La Montagne est telle faite pour moi ? Je meurs de froid et mon corps épuisé s’endort enfin aux premières lueurs du jour.

 

ign jour 8

 

Nathalie LEMIERE pour COEUR DE FINISHER – 2017 – Photos Nat et Didier ©

 

 


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s