TMB- J 10 – Les CONTAMINES- Champel – Bionassay- LES HOUCHES

DATE : Dimanche 2 juillet- TMB JOUR 10/10- sens horaire- par Nathalie LEMIERE

Ce matin mon corps est tout endolori mais l’appel de la montagne a relancé ma volonté de finir ce TMB. Le petit-déjeuner n’est pas comme les autres jours. L’ambiance est lourde. C’est notre dernier petit-déjeuner tous ensembles et cela sonne comme un glas !

Lydie nous met en garde pour la première fois. Attention aux chutes ! Ce TMB a pompé toute notre énergie, nos corps sont épuisés et le temps est au crachin, alors ça glisse … et il y aura des glissades mais pour les autres cette fois-ci.

Nous mettons le cap sur le CHAMPEL puis le BIONASSAY. En plein brouillard. Pas de paysages, pas de photos, une journée lugubre. Mes impressions sont à l’image du temps…. tout est gris ! La passerelle de singe au-dessus du torrent du Bionnassay illumine nos visages mais nous n’y voyons rien ! Rien à moins de 20m. Nous sommes invités à passer l’un après l’autre. J’insiste ! Je ne veux pas être la dernière ! Dans les films, la passerelle cède toujours au passage du dernier ;-))

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Notre escale au refuge de BELLEVUE sera notre dernière étape. … l’apéro nous attends, les boites de crèmes Mont-Blanc aussi ! J’éclate de rire !  Nicolas m’avait mis l’eau à la bouche depuis a veille et voilà que mon vœu est exaucé !

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Je regrette déjà nos siestes dans l’herbe. Nous repartons et j’ai hâte que tout s’arrête . J’ai froid. Bien que j’ai pris le temps de changer mon t-shirt, je tremble de la tête aux pieds. Le retour sur les Houches me semble interminable d’autant plus qu’il y a encore des difficultés ! Misère ! Encore du vide, des parois verticales et un terrain rendu très glissant par la pluie. C’est le we  et il y a du monde sur le parcours rendant l’exercice encore plus difficile.

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A 16h le groupe se sépare aux Houches. Je rentre à mon petit hôtel … l’hotel de la Barme où Francine la sympathique propriétaire m’attend.

Conclusion :

Voici le petit texto que j’envoie à mes amis pour annoncer la fin de mon trek.

« Voilà 10 jours de trek autour du Mont-Blanc qui se terminent. 170km – 10 000 m de dénivelé positif-  60 heures de marche – 2.5L d’eau par chaque jour-  40 000 pas en moyenne quotidienne – 4 glissades sur les fesses –  un sac à dos de 7 kg- zéro ampoule – Des névés. La neige et grêle au passage du Col des Fours hier à 2700 m. Des verticalités… Des paysages magnifiques… Des nuits agitées en dortoir collectif… un TMB intégral haut en couleur ! Marcher pour ‘ inventer ‘ sa vie . bisous ».

En écrivant ce blog, je fais le douloureux constat que ce texto n’est qu’une succession de chiffres, de statistiques sans doute pour me rassurer, pour épater mon entourage.

Ce n’est que le lendemain, assis à la terrasse d’un café à Saint-Gervais et entourée par les montagnes que mon pôle intérieur ne prendra vraiment conscience de ce que je viens de réaliser !

Je regarde les delta-plane.

Mon esprit est encore la-haut dans les montagnes… j’ai envie de me jeter dans le vide, voler, survoler les montagnes pour tracer mon trek, apprivoiser à nouveau le vent.

Ce trek ressemble à une traversée sans précédent sur mon parcours santé depuis 2005, depuis ce jour où j’ai plongé dans le coma, où mon cœur s’est arrêté, où mon esprit a passé des jours à naviguer , à traverser les océans, à lutter dans la tempête, à jeter l’ancre dans l’un des plus grands ports de conteneurs, à regarder cette montagne enneigée des jours et des jours, à lutter pour ramener le voilier, à lutter contre la peur, à vouloir couler et l’instinct de survie qui vous remonte à la surface … oui j’ai ramené le bateau ou devrais-je dire les bateaux m’ont ramené à la vie. L’impossible guérison certes de mon insuffisance cardiaque, mais depuis que je cours, j’ai découvert mon véritable antidote. Ma raison pour MIEUX VIVRE, adapter ma maladie à mon style de vie… à un nouveau style de vie . Oui ! J’ai changé ! La maladie m’a changé ! La course à pied m’a changé ! Le trek m’a transformé et fait vibrer. D’abord physiquement car je suis redescendue avec une telle aisance respiratoire. Et puis en sondant mon cheminement intérieur, je découvre que je suis devenue hyper sensible aux odeurs, aux bruits, attentives aux gens autour de moi,  je m’ouvre aux autres, je me libère de mon secret.

Ma concentration fut sollicité en permanence pour survivre dans ce paysage tantôt minéral, tantôt verdoyant, tantôt enneigé ! Pas le temps de s’ennuyer alors que les jours se ressemblent en apparence … il suffit de marcher … oui mais au delà …

Il a suffit d’y croire ! J’y ai cru ! Je l’ai fait avec mes périodes de doutes, de solitudes, de moments intenses

IGN JOUR 10

Par Nathalie LEMIERE pour COEUR DE FINISHER- 2017- photos Nat et Didier ©


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